Plan de surendettement — Étapes

Vous êtes en difficulté financière — voici comment la procédure de surendettement fonctionne vraiment

Vous avez l’impression d’être dans un mur. Les mensualités s’accumulent, les relances aussi, et vous ne savez plus quoi payer en premier. La procédure de surendettement auprès de la Banque de France existe précisément pour ça — c’est un filet de sécurité légal, gratuit, et souvent plus adapté qu’un rachat de crédit quand la situation est vraiment bloquée.

Ce guide vous explique les étapes concrètes du plan de surendettement, ce qu’il change pour vos mensualités, et comment il interagit avec d’autres solutions comme le regroupement de crédits.

Le cadre légal en clair

La procédure de surendettement est encadrée par le Code de la consommation (articles L711-1 et suivants). En langage humain : si vous êtes une personne physique (pas une entreprise), que vos dettes sont non professionnelles, et que vous ne pouvez manifestement plus y faire face, vous pouvez saisir la Banque de France. Elle instruit gratuitement votre dossier.

La loi Lagarde de 2010 a profondément refondu cette procédure : elle a créé la procédure de rétablissement personnel (PRP) pour les cas les plus graves, raccourci les délais, et renforcé les droits des débiteurs. C’est elle qui a posé les bases du dispositif actuel.

La Banque de France joue un rôle central : elle instruit le dossier, vérifie votre situation (revenus, charges, dettes), et transmet ses recommandations aux créanciers. Elle peut aussi inscrire votre nom au FICP (Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) dès le dépôt du dossier — c’est automatique et c’est important à anticiper.

> Pour mieux comprendre ce que signifie un fichage Banque de France sur votre situation, consultez notre page dédiée : /profils/fiches-ficp-banque-de-france/.

La règle générale : qui peut déposer un dossier ?

Trois conditions sont nécessaires :

1. Vous êtes une personne physique (particulier, pas une société).
2. Vos dettes sont non professionnelles (crédits conso, immo, loyers impayés, factures d’énergie, dettes fiscales personnelles…).
3. Vous êtes en situation manifeste d’impossibilité de rembourser l’ensemble de vos dettes — pas juste une mensualité en retard.

Les dettes professionnelles (d’un auto-entrepreneur ou d’un commerçant) ne sont pas éligibles : la procédure relève alors du tribunal de commerce. Si vous êtes micro-entrepreneur avec des dettes mixtes, la situation peut être plus complexe — renseignez-vous auprès d’un conseiller.

Exception importante : les dettes alimentaires (pensions alimentaires) et certaines amendes pénales ne sont pas effaçables dans le cadre de la procédure.

Comment ça marche en pratique — les 5 étapes

Voici les étapes successives d’un plan de surendettement, de la première démarche à la sortie de procédure.

Étape Ce qui se passe Délai typique
1. Dépôt du dossier Formulaire Banque de France + pièces justificatives Immédiat (en ligne ou en agence)
2. Recevabilité La BdF vérifie que vous êtes éligible 3 mois maximum (souvent 2-4 semaines)
3. Suspension des poursuites Dès la recevabilité prononcée, les créanciers ne peuvent plus vous poursuivre Immédiat après recevabilité
4. Bilan et mesures La BdF dresse l’inventaire de vos dettes, négocie avec les créanciers 2 à 6 mois selon complexité
5. Plan ou PRP Mise en place du plan amiable, des mesures imposées, ou de la PRP Variable selon le plan retenu

Ce qui change immédiatement pour vous : dès la décision de recevabilité, toutes les poursuites judiciaires et les saisies sont suspendues. Vous continuez à payer le strict minimum (votre « reste à vivre » est protégé), et les intérêts peuvent être gelés. C’est un soulagement immédiat, même si la résolution prend du temps.

Les 3 types d’issues possibles

Tout dépend de votre situation financière réelle après analyse.

Le plan conventionnel amiable : la Banque de France négocie entre vous et vos créanciers. On peut obtenir un rééchelonnement des dettes, une réduction des taux, voire un effacement partiel. C’est la solution privilégiée si votre situation est redressable.

Les mesures imposées : si les créanciers refusent le plan amiable, la commission peut imposer des mesures — réduction du taux d’intérêt à 0%, rééchelonnement jusqu’à 7 ans, effacement partiel des dettes. Ces mesures ont force obligatoire.

La procédure de rétablissement personnel (PRP) : c’est la solution des situations vraiment sans issue. Elle peut aboutir à un effacement total des dettes (hors dettes alimentaires et amendes pénales). Elle implique en contrepartie la liquidation de votre patrimoine (sauf biens insaisissables). Si vous êtes propriétaire, c’est un point à peser sérieusement.

Astuces pour traverser cette procédure dans les meilleures conditions

C’est une situation difficile, mais il y a de vraies marges de manœuvre. Voici ce que vous pouvez faire concrètement cette semaine.

1. Rassemblez vos documents AVANT de déposer. Le formulaire Cerfa est téléchargeable sur le site de la Banque de France. Préparez : vos 3 derniers bulletins de salaire (ou relevés de CAF/Pôle emploi), votre avis d’imposition, la liste exhaustive de vos dettes avec les montants restant dus, et vos 3 derniers relevés bancaires. Un dossier complet est traité plus vite.

2. Ne cachez rien dans votre inventaire de dettes. Une dette oubliée ou volontairement omise peut faire rejeter le dossier ou compliquer la procédure. Incluez tout : crédits à la consommation, renouvelables, immobilier, loyers impayés, factures de gaz/électricité, dettes fiscales personnelles.

3. Vérifiez votre reste à vivre avant le dépôt. La Banque de France calcule ce qu’il vous reste après paiement du minimum vital. Connaître ce chiffre à l’avance vous permet de mieux anticiper ce que la commission peut vous proposer.

4. Si vous êtes propriétaire, pesez bien la PRP. La procédure de rétablissement personnel avec liquidation peut impliquer la vente forcée de votre résidence principale. Dans ce cas, un rachat de crédit hypothécaire peut parfois être une alternative à explorer en amont — si la situation le permet encore. Ne prenez pas cette décision seul.

5. Méfiez-vous des « cabinets spécialisés » qui se proposent de monter votre dossier contre paiement. La procédure Banque de France est 100% gratuite. Aucun organisme sérieux ne vous demandera de payer pour déposer un dossier de surendettement. C’est un signal d’arnaque garanti — et c’est interdit par l’article L321-2 du Code de la consommation.

Exemple concret — Sylvie, 52 ans, salariée à Rouen

Sylvie travaille en CDI dans le secteur de la santé, revenu net : 1 850 €/mois. Elle cumule : un crédit auto (180 €/mois), deux crédits renouvelables (320 €/mois au total), un loyer en retard de 3 mois, et des factures d’énergie impayées. Total mensualités de crédit : 500 €/mois, soit un taux d’endettement dépassant les 27% — mais une fois les arriérés pris en compte, elle ne peut plus faire face.

Avant la procédure : relances quotidiennes, menace de saisie sur salaire, impossibilité d’épargner le moindre euro.

Après dépôt et recevabilité (6 semaines) : suspension des poursuites. La commission propose un plan sur 7 ans avec taux réduits à 0% sur les crédits renouvelables. Mensualité globale ramenée à environ 280 €/mois dans le cadre du plan.

Verdict : Sylvie n’était pas éligible à un rachat de crédit classique (taux d’endettement trop élevé, incidents de paiement récents). La procédure Banque de France était la seule vraie porte de sortie. Elle s’en est sortie — il lui faudra reconstruire son historique bancaire sur 5 ans (durée d’inscription au FICP), mais elle respire.

Délais et documents — ce qu’il faut savoir

Durée de la procédure complète : de 2 mois (cas simple, plan amiable accepté rapidement) à 18-24 mois pour les situations complexes avec contentieux.

Documents à rassembler :

  • Formulaire Cerfa de saisine (disponible sur banque-france.fr)
  • Pièce d’identité
  • Justificatifs de revenus (salaires, retraite, allocations)
  • Avis d’imposition
  • Relevés bancaires (3 derniers mois)
  • Liste détaillée de toutes les dettes avec coordonnées des créanciers
  • Justificatifs de charges (loyer, factures)

Inscription au FICP : automatique dès la recevabilité du dossier. Durée d’inscription : 5 ans (plan conventionnel) ou 7 ans (mesures imposées), sauf clôture anticipée en cas de remboursement total.

Pièges et arnaques à connaître

Le faux « cabinet de désendettement » : certains acteurs peu scrupuleux proposent de « gérer votre dossier Banque de France » pour plusieurs centaines d’euros. C’est inutile (la procédure est gratuite et la BdF vous accompagne directement) et souvent illégal. Fuyez dès qu’on vous demande de payer avant résultat.

Le rachat de crédit proposé à un FICP : certains organismes peu sérieux « promettent » un rachat même avec fichage FICP, contre des frais de dossier immédiats. Un vrai professionnel immatriculé à l’Orias vous expliquera honnêtement vos options sans vous demander d’argent avant accord.

Oublier une dette dans le dossier : si une dette est découverte après l’homologation du plan, elle peut ne pas être couverte. Soyez exhaustif dès le départ.

Prendre un nouveau crédit pendant la procédure : c’est généralement impossible (fichage FICP), mais certains font des pieds et des mains pour obtenir un crédit à la consommation en ligne. C’est contre-productif et peut compromettre votre dossier.

Cas particuliers

Vous êtes fonctionnaire : la procédure de surendettement s’applique exactement pareil. Mais votre statut (CDI, revenus stables) peut parfois ouvrir la porte à un rachat de crédit fonctionnaire avant d’en arriver là — renseignez-vous en amont.

Vous êtes propriétaire : votre patrimoine immobilier est pris en compte dans l’inventaire. La PRP peut impliquer sa liquidation. Avant de déposer, évaluez si un rachat de crédit hypothécaire permettrait de rembourser les dettes courtes et de retrouver de l’air — c’est parfois plus adapté pour les propriétaires avec des dettes mixtes.

Vous êtes retraité : la procédure est ouverte. La pension est un revenu pris en compte dans le calcul du reste à vivre.

Vous êtes en CDD ou intérim : éligible également. La BdF analyse votre situation réelle, pas votre type de contrat.

> Pour explorer si un regroupement de crédits reste possible avant d’en arriver à la procédure Banque de France, consultez notre guide sur le regroupement de crédits ou notre page dédiée aux profils FICP.

FAQ

La procédure de surendettement est-elle vraiment gratuite ?

Oui, totalement. La Banque de France instruit le dossier sans aucun frais. Méfiez-vous de toute structure qui vous demande de payer pour vous « accompagner » dans la démarche.

Que se passe-t-il si un créancier refuse le plan ?

Si le plan amiable est refusé par un ou plusieurs créanciers, la commission peut imposer des mesures — réduction des taux, rééchelonnement, effacement partiel — qui s’appliquent de toute façon. Les créanciers ne peuvent pas bloquer indéfiniment la procédure.

Est-ce qu’on peut faire un rachat de crédit pendant la procédure ?

Non, dans la très grande majorité des cas. L’inscription au FICP rend l’accès au crédit bancaire classique impossible pendant la durée du plan. C’est précisément pourquoi il vaut mieux explorer le rachat de crédit en amont si la situation n’est pas encore bloquée.

Combien de temps reste-t-on inscrit au FICP après la procédure ?

En général 5 ans pour un plan conventionnel, 7 ans pour des mesures imposées. La durée peut être réduite si toutes les dettes sont remboursées avant terme.

La procédure protège-t-elle contre une saisie immobilière en cours ?

Dès la décision de recevabilité, toutes les procédures d’exécution (dont les saisies) sont suspendues. C’est l’un des effets les plus immédiats et les plus puissants de la procédure.

Peut-on sortir de la procédure plus tôt que prévu ?

Oui. Si votre situation s’améliore (héritage, augmentation significative de revenus), vous pouvez rembourser la totalité du plan avant son terme. La clôture anticipée met fin au fichage FICP.

Que devient le plan si je perds mon emploi pendant son exécution ?

Vous pouvez saisir à nouveau la Banque de France pour demander une révision du plan. La commission peut adapter les mesures à votre nouvelle situation.

Le plan de surendettement efface-t-il toutes les dettes ?

Non. Les dettes alimentaires (pensions, contributions aux charges du mariage) et certaines sanctions pénales restent dues. Seule la PRP avec liquidation peut aboutir à un effacement total des dettes éligibles.

Conclusion — quelle est votre prochaine étape ?

Si vous êtes en situation de surendettement avéré, la Banque de France est votre interlocuteur naturel et gratuit. Ne tardez pas : plus vous attendez, plus les intérêts s’accumulent et les options se réduisent.

Mais si votre situation n’est pas encore bloquée — si vous êtes juste « à l’étroit » avec des mensualités trop lourdes — un regroupement de crédits peut vous éviter d’en arriver là. C’est là que RachatsDeCredits.com peut vous être utile.

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